Chère lectrice,
Cher lecteur,
Il n’est pas rare que la culture amateur soit moquée et reléguée au rang de loisir, de moyen de tromper son ennui ou de hobby réservé aux intellectuels. Ce qui s’explique notamment par le fait que la notion de culture se définit à l’aune de ses milieux professionnels. Ce faisant, on ignore toutefois le rôle déterminant que joue la culture amateur dans l’ensemble du secteur culturel. Pour résumer, on pourrait affirmer qu’aucune pyramide n’aurait de pointe sans une large base. En d’autres termes, les professionnels du monde culturel ne naissent pas en tant que tels, mais émergent bel et bien de la masse. Quelle joie et quelle satisfaction, dès lors, de voir la Confédération reconnaître toujours davantage le rôle porteur de la culture amateur pour l’ensemble du secteur culturel et lui porter la considération qu’elle mérite dans le message culture 2025 – 2028.
Dans son message du 9 juin 2023, le Conseil fédéral écrit ainsi que les associations du domaine amateur rendent la participation culturelle possible et constituent la base d’un paysage culturel vivant et varié. Les sociétés de musique, les chœurs et les groupes de théâtre ou de danse créent des réseaux sociaux et sont un facteur de cohésion sociale. Les événements culturels visant un large public contribuent aux échanges culturels entre les régions et les communautés linguistiques.
Notamment passionnant et particulièrement remarquable, le caractère durable que le Conseil fédéral attribue à la culture amateur: «La culture est une composante essentielle de la durabilité sociale. L’exemple de la pratique amateur, qui touche un nombre important de personnes, illustre mieux que tout autre le pouvoir fédérateur de la culture : des gens regroupés au sein de sociétés qui se comptent par milliers font vivre la culture dans leur commune ou leur région, le plus souvent dans le cadre d’un engagement bénévole. Les associations qui portent la culture amateur et populaire touchent de larges pans de la population et créent du lien social. Elles favorisent la participation et sont le socle de notre paysage culturel vivant et varié.»
Il semble que la culture amateur soit arrivée dans la Berne fédérale. Le Parlement – nouvellement constitué – aura sans doute une oreille un peu moins musicale pour les requêtes d’ordre culturel, mais nous avançons dans la bonne direction. Et le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la culture sont deux acteurs importants de plus en plus sensibles à nos préoccupations.
Dans notre monde, tout se fait à titre volontaire et désintéressé. Nous devons éviter à tout prix que ce bénévolat au profit de la collectivité soit considéré comme allant de soi. Car il ne l’est en aucun cas. L’importance accordée à notre secteur culturel dans le message culture de la Confédération témoigne du fait que ce que nous apportons à la société est bel et bien reconnu et valorisé.