Qui jouait d’un instrument à l’allure aussi noble? Doré, richement ciselé et incrusté de turquoises.
Antoine Courtois a fabriqué ce cornet vers 1865 pour la cour royale portugaise. C’est l’un des instruments à vent les plus richement ornés. Même la tige de nettoyage est dorée. Courtois était à l’époque l’un des principaux facteurs d’instruments de Paris et «Facteur du Conservatoire» officiel. On ne sait pas s’il a offert ce cornet au roi du Portugal à des fins publicitaires ou s’il s’agissait d’une commande.
L’instrument est parfaitement conservé – le coffre également – et a été peu utilisé. Il constitue dès lors également un précieux témoin sonore de cette grande époque, où le cornet était le cuivre le plus couru et où des solistes comme Arban et Levy ravissaient les foules. Plus tard, le trompettiste Helmut Hunger l’a reçu en cadeau pour ses mérites en faveur de la formation des cuivres au Portugal. Il est actuellement exposé – en prêt – au Musée sonore de Berne et peut en outre être écouté sur les tablettes de ce dernier.
Foto: Michael Bunschi