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Le bon dosage

Harmonie Shostakovich
Plaire à tous les types de public n’est jamais chose aisée. Soucieuse d’y parvenir, l’Harmonie Shostakovich (JU) a concocté pour ses concerts 2024 un programme minutieusement étudié, sur la base d’œuvres africaines.

La richesse thématique, l’inspiration et l’ouverture à des styles actuels par les compositeurs de musique pour brass band et harmonie ne cessent de se renouveler et garantissent ainsi une forme de qualité. Or, si cela charme à coup sûr un public averti, qu’en est-il des auditeurs profanes? Ou de ceux qui ne baignent pas dans cette culture musicale? Tel est le défi pour l’organisateur de concerts désireux d’éviter aussi le concept purement commercial.

Une découverte réussie

Quel est le cadre idéal pour qu’un public élargi puisse accueillir favorablement un programme comportant notamment des œuvres originales exigeantes, parfois longues de plus de 30 minutes? Autre critère: l’omniprésence de l’image dans notre société hyperconnectée, qui nous incite à revoir le concept du concert traditionnel d’ensemble à vents. Non que la musique ne se suffise plus à elle-même. Mais acceptons simplement – pragmatiquement – que, pour transformer une première écoute en découverte réussie, le public sera plus réceptif si l’ambiance et l’approche du programme sont conçues de manière à encadrer au mieux la musique et à créer une immersion propice à l’écoute active.

Travail de synthèse

En somme, il s’agit d’un travail de synthèse avec les composantes culturelles actuelles. Ainsi, une valorisation ciblée – même rudimentaire – des lumières, de la présentation, de la scène, ou quelques interventions – même brèves – d’artistes externes, peuvent contribuer à faire éclore la beauté de la musique originale et toucher l’auditeur.

Suivant ce précepte, les concerts 2024 de l’Harmonie Shostakovich ont eu pour objectif de réunir des œuvres africaines originales jamais arrangées pour harmonie. Des pièces du Nigéria, d’Egypte et d’Ethiopie orchestrées pour l’occasion par le Valaisan Aurélien Darbellay, directeur et compositeur, ont ainsi donné au programme une cohérence et un éventail extraordinaire de sonorités inédites.

Faire revenir le public

L’arrangement d’une sélection de mélodies connues telles que celles des films «Spirit of Africa» et «Le Roi Lion», en partie interprétées par Debbie Davis, chanteuse de la bande originale en français, ont facilité la promotion de l’événement, mais aussi l’écoute et l’appréhension par l’auditeur. La richesse et l’impact rythmique de certaines parties du concert, ainsi que les transitions, ont été assurées par un ensemble de djembés et le registre de percussion, dont le rôle a été étendu.

Le concert s’est achevé sur une œuvre de concert originale pour harmonie de Ferrer Ferran, «Jungla», aux rythmes et sonorités africaines et donc parfaitement dans le thème. Au final, un équilibre entre découverte de l’inconnu et confort du notoire. Sans oublier l’exigence, mais réaliste, pour que le public, quel qu’il soit, puisse vivre le meilleur moment musical et émotionnel. Et ait envie de revenir.

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